16/06/2008

Simonis

 
 
Métro Simonis,

 

mercredi , 12h20

il est là, au milieu


au centre de ce long couloir


mercredi 13h20

 
immobile, baissant les yeux

 
il lui est interdit de s’asseoir…

 
mercredi, 15h20

 
il est toujours là

 
n’a pas bougé

 
une main tend un berlingot vide

 
les yeux tristes,

 
livide

 
il ne bouge pas

 
a-t-il seulement mangé ?

 
Simonis, mercredi 15h20

 
jeudi 12h20, je passe

 
il est là,  certes

 
mais toujours devant un homme inerte

 
est-ce son maître ou son père ?

 
rien n’a changé : il est toujours là !

 
la foule passe que rien ne lasse,

 
pour moi ce couple est un mystère

 
quelques jeunes se jouent un ballon

 
il reste impassible

 
comme s’il se faisait invisible

 
je me retiens de hurler avec lui

 
de le  libérer de cet « esclave » assis par terre

 
mais j’écris seulement ma colère

 
pendant que le monde tourne en rond

 
et que ce tableau me poursuit

 
tous deux sont comme dans une image

 
dans un sens comme dans l’autre,

 
la foule voyage

 
indifférente, elle mange, crie et rit

 
il a le cœur meurtri

 
la foule voyage dans tous les sens,

 
et moi…prends conscience

 
que plus personne ne les voit :

 
à deux ils font partie du paysage

 
homme et enfant portent le même bagage…

 
des jeunes jouent au ballon

 
il attend, n’a pas un rond ! …

 
l’enfant du métro….

 
Brigitte, le 15 décembre 2004


 
 
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